Deux poèmes d'amour (pour fêter la Saint-Valentin)

La femme de Nivôse


Au soir de Noël, comme un ange descendu,

M’est apparue la douce femme de Nivôse,

Au visage trempé par une pluie de rose,

Sous sa peau un rayon de lumière épandu.


C’est un rêve charmant pour le moins défendu,

Qu’apportent dans un manteau d’hiver la névrose :

Au soir de Noël, comme un ange descendu,

M’est apparue la douce femme de Nivôse.


Inonde donc, miraculeuse anamorphose,

Les neiges à la figure de revenu

Que noieront les lamentations de Pluviôse,

Du soleil que porte ton sourire apparu

Au soir de Noël, comme un ange descendu.



Impression d’un baiser


Le temps d’une éternité

Une seule

Nous avions la bouche cousue

Les lèvres ceintes

D’un même amour

Et ta langue était la mienne

Et mes mots t’appartenaient

Et notre salive n’était qu’une vaste mer

Où nageaient nos passions

Où trônait par-dessus les vagues

La flamme de notre désir


Langoureuses inaudibles

Nos lèvres ne formaient

Qu’une parole d’amour


Dans le silence de notre baiser

Tambourinaient nos cœurs

Pressés l’un contre l’autre


Ce baiser d’une minute ou deux

Est un morceau volé à l’éternité

Déposé sur nos paupières closes

Si fatalement mortelles


Et pourtant une fois décrochés

Ouvrant nos yeux

Dans nos pupilles se lisaient

Un amour à la vie éternelle

Aussi colossal

Que le temps qui passe sans cesse

Aussi grandiose

Que l’espace que nous pousse

À tomber vers une permanence factice

Mais belle comme une poésie

Comme une étoile dans le ciel

Lumineuse et morte au prochain millénaire


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