Neige traversée par une figure
La fleur du jour gentiment se soulève, Projetant sur un linge immaculé Son auréole ; milles sacolèves Ensemencent d’angélus acculés Le toit du monde. Plumes opalines ! Dites-moi quelles ailes messalines Ont fauché durant la nuit leur pudeur ? Vos beaux séraphins étaient-ils d’humeur À se découvrir ?... Vos pierres confuses Poussent sous nos pieds un rire ou un pleur, Comme échos ensommeillés d’une étrange muse. Je sors au dehors par ce temps de rêve, Mes pas, dans le manteau miraculé Tapissent la terre blanche comme Ève, Sont pareils aux pas qui ont maculé La poussière de lune sibylline. Comme eux, une éternité me câline, Brumale et inexprimable candeur ! Avec son souffle puissant d’enchanteur, Qui, tel un vaisseau malade, s’amuse À sombrer dans l’écrin de ma chaleur, Vers l’écho ensommeillé d’une étrange muse. J’atteins les marges du temps où s’élèvent, Gris et beaux, vingt tombeaux coagulés, Archipel nourri d’une sombre...