Face à l'océan
Sens-tu la chaleur des baisers pétris d’amour Que j’adresse à tous les vents, aux cinq océans ? N’importe qui, n’importe où. Il y a tout ce fourmillement qui s’agite, Dans cette seule et même goutte de cristal, Le sanglot de Dieu qui a donné vie au monde ; Dans nos cœurs, un peu de cette larme native. Que nos pleurs ne soient pas sur notre âme tremblante Des pluies éternelles toujours recommencées ! Mon pleur est absent comme l’eau d’un vieux désert Où le sel diluvien est un feu immense Qui couronne le sable chaud, blanc au soleil. La respiration du monde fond sur moi : C’est comme tous les vents des continents entiers, Toutes les haleines et les brises marines Me serrant et m’écrasant presque sous leur poids. Le film des hommes se met en place et s’anime, Devant de vagues yeux d’absence qui sont miens (Appel à ton impossible apparition, De quoi les réveiller enfin, eux qui t’attendent, Et ce cœur dont les chagrins ...