Le Lion en peluche
Aux peluches de mon enfance. Il était un petit garçon de presque huit ans – sept ans et demi, je crois bien – très attaché à un lion en peluche qu’on lui avait donné lorsqu’il était encore plus petit, si doux et si mou quand il le pressait contre sa joue. Il aimait tant lui donner quelques tendres bisous sur son petit nez tout rond de lionceau. Le petit garçon était à ce point épris par sa peluche qu’il la considérait comme son frère, même plus que son frère, et il ne se voyait pas faire quelque chose sans qu’elle ne fût présente pour l’assister. Ce jouet était le fait d’un artisan qui avait fermé boutique depuis lors, un animal simplement bourré de coton, au sourire figé, assorti de minuscules petits yeux noirs, mais qu’avec ses mirettes d’enfant il savait vivants. Oh oui ! que d’aventures ils avaient vécu ensemble, inséparables ! Parfois, le père grondait son fils parce qu’il ne voulait pas du lion en peluche pour les accompagner au cours du repas, même insta...