Dernier coucher de soleil

 

Je bois l’eau de ces grands yeux bleus,

Et freine, comme un écoute-s’il-pleut,

Mon pas traînant à l’instant fatal et nuiteux.


Les crapauds dans leur crapaudière,

Les scarabées derrière chaque pierre,

Miraient au ciel s’abattre une immense paupière.


Comme un rire, le jour jauni,

Les cieux rouges nous lancent un grand cri,

Brillant dans chacun de nos regards alanguis.


Leur vin sanglant et écarlate,

Qu’épanche l’horizon (cette omoplate

Cosmique), a les couleurs mutilées des agates.


Mais doucement le vin se tire

Pour se jeter dans un nouvel empire,

Dans cette courbe abreuvée comme une satyre.


Sous son éclipse répétée,

S’est clôt le ciel : sa paupière étoilée

A ensommeillé le dernier jour de l’année.


1er janvier 2026

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