La route (Poèmes américains, 1)
La route parcourt des collines chauves et souveraines
Long serpent infatigable aux deux milles anneaux
Qui se languit des pneus qui crissent sur son dos
Au rythme des moteurs qui suintent et qui clochent
La route serpente comme une rivière gangrenée
Chaude et fossilisée dans un épais manteau de sable
Tricoté par des vents hurlants soufflés par les plaines
Ces anciens paradis que les étreintes du ciel ont étouffés
De ces pierres infinitésimales poussière macrocéphale
Sont sorties des idoles vulgaires
Figures figées
Paralytiques de sel
Saintetés scléreuses du désert
Le soleil leur adresse un nid de baisers nonchalants
Et leur peau de fer brunie brûle en léchant la route
Juin 2025,
Las Vegas
Commentaires
Enregistrer un commentaire