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Affichage des articles du janvier, 2026

Neige traversée par une figure

  La fleur du jour gentiment se soulève, Projetant sur un linge immaculé Son auréole ; milles sacolèves Ensemencent d’angélus acculés Le toit du monde. Plumes opalines ! Dites-moi quelles ailes messalines Ont fauché durant la nuit leur pudeur ? Vos beaux séraphins étaient-ils d’humeur À se découvrir ?... Vos pierres confuses Poussent sous nos pieds un rire ou un pleur, Comme échos ensommeillés d’une étrange muse. Je sors au dehors par ce temps de rêve, Mes pas, dans le manteau miraculé Tapissent la terre blanche comme Ève, Sont pareils aux pas qui ont maculé La poussière de lune sibylline. Comme eux, une éternité me câline, Brumale et inexprimable candeur ! Avec son souffle puissant d’enchanteur, Qui, tel un vaisseau malade, s’amuse À sombrer dans l’écrin de ma chaleur, Vers l’écho ensommeillé d’une étrange muse. J’atteins les marges du temps où s’élèvent, Gris et beaux, vingt tombeaux coagulés, Archipel nourri d’une sombre...

Dernier coucher de soleil

  Je bois l’eau de ces grands yeux bleus, Et freine, comme un écoute-s’il-pleut, Mon pas traînant à l’instant fatal et nuiteux. Les crapauds dans leur crapaudière, Les scarabées derrière chaque pierre, Miraient au ciel s’abattre une immense paupière. Comme un rire, le jour jauni, Les cieux rouges nous lancent un grand cri, Brillant dans chacun de nos regards alanguis. Leur vin sanglant et écarlate, Qu’épanche l’horizon (cette omoplate Cosmique), a les couleurs mutilées des agates. Mais doucement le vin se tire Pour se jeter dans un nouvel empire, Dans cette courbe abreuvée comme une satyre. Sous son éclipse répétée, S’est clôt le ciel : sa paupière étoilée A ensommeillé le dernier jour de l’année. 1 er janvier 2026