Le Rire
Les paupières de Joachim gémirent quand retentit le réveille-matin, déchirant le silence paisible d’une nuit qui s’achève. Il était cinq heures ; dehors, le soleil était encore loin d’esquisser les premières mèches de son impressionnante crinière. La fatigue semblait transpercer les yeux de l’homme encore dans son lit ; ses mains flageolaient comme au bord du malaise, et il sentait tout le poids du sommeil s’accrocher encore à ses pauvres épaules ; mais, hélas, il lui fallait prendre son courage à deux mains et quitter le doux royaume que constituent la couette et l’oreiller. Il échappa à ses draps onctueux, alluma la lumière, éclairant la chambre, et s’habilla comme de coutume. C’est de même comme à son habitude que Joachim descendit jusqu’à la cuisine et fit vrombir la machine à café, lui coulant dans une petite tasse en porcelaine un expresso des plus noirs. La caféine écarquilla ses pupilles, lui arracha un bégaiement ; et puis, c’était comme si la fati...